Je SUIS bipolaire // I AM bipolar

English version at the end of the post

ESPOIR de dire

Être ou ne pas être, telle est la question

Vous connaissez. To be or not to be. C’est la phrase que prononce Hamlet dans sa tirade qui ouvre la pièce de Shakespeare. Question existentielle en effet. Dans son histoire, Monsieur Bip y est confronté.

Réponse à cette question existentielle?

J’ai choisi : je SUIS bipolaire.

Je sais que beaucoup de lecteur vont me reprendre. On n’EST pas bipolaire, on souffre de troubles bipolaires. La maladie ne nous définit pas. Soit. Pour moi, cela ne pose pas de problème.

Homme de Vitruve. Une belle symétrie

On est fait de deux pôles. On a tous un air de bi-pôle. Principalement gauche/droite. Chaque fois deux. Deux bras, deux jambes, deux pieds… C’est vrai qui il y a des parties du corps qui sont en un seul exemplaire. Mais si on creuse un peu, on trouve souvent un doublé sous la surface : un nez mais deux narines, un front mais deux sinus… Je m’arrête là au risque de déraper 😉.

Même le cerveau est constitué de bi-pôles. Le cerveau gauche et le cerveau droit. Le rationnel vs la créativité entend-on souvent (même si les neurosciences démontrent qu’il s’agit d’un mythe). Les neurones utilisent le courant électrique pour transmettre les informations le long de leur axone. Comme une pile qui a un pôle positif et un autre négatif (+ / -).

Bref, on EST bipolaire. CQFD.

En ce qui concerne la maladie, c’est pareil. Je SUIS bipolaire. Comme on dit : « je suis diabétique ». On prend souvent l’exemple du diabète qu’on compare aux troubles bipolaires pour faire comprendre que c’est une maladie et qu’il faut prendre des médocs à vie.

Vous vous demandez certainement « Alors, pourquoi cette différence ? » Je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce qu’il s’agit d’une maladie mentale. Qu’elle a des effets non maîtrisés, pour nous, pour nos proches. Comme une force extérieure qui, parfois, décide à notre place.

En tout cas, ce que je sais, c’est que mes poils ne se hérissent pas si on me dit que je suis bipolaire. C’est le diagnostic. Je l’accepte.

Ce qui est vraiment difficile, c’est d’en accepter les conséquences. Fatigue, changements fréquents, irritabilité, mémoire et concentration en berne, médocs matin et soir… J’en passe et des meilleures !

Ça, oui, ça me déchire. Je veux atteindre une certaine forme de rétablissement. Fonctionner au mieux. Mais il est vraisemblable que certains symptômes vivront avec moi toute ma vie….

Entre les deux (être ou ne pas être bipolaire), il y a une voie qui me paraît praticable. On dit bien « Je suis TDA/H ». Cela fait référence aux troubles de l’attention, parfois couplés à de l’hyperactivité. Alors pourquoi ne pas reprendre la même logique et parler de PSTBP ?

Je suis PSTBP.
Je suis une Personne Souffrant de Troubles Bipolaires.

Si c’est pas beau ça ? Et toc.

Et vous ? Que dites-vous ?

 


I AM bipolar

To be or not to be, that is the question. Sure, you know this. This is the phrase of Hamlet in his tirade that opens Shakespeare’s well-known play. Existential question indeed. Answer?

I have chosen: I AM bipolar.

I know that many readers will object. « I AM not bipolar, I suffer from bipolar disorder. The disease does not define us ». OK. For me, there’s no problem.

We are madeof bi-poles. Mainlyleft/right. Theyusuallycometogether. Twoarms, two legs, twofeet… Itistruethatthereare partsofthebodythat are not. But if youdig a little, youoftenfind a pair underthe surface: a nose but twonostrils, a forehead but twosinuses…

Even the brain is made up of bi-poles. Neurons use electricity to transmit information along their axons. Like a battery that has a positive side and another negative (+ /-).

In short, I AM bipolar. QED.

With respect to the disease, it’s the same. I AM bipolar. People say: « I am diabetic ». We often take the example of diabetes compared to bipolar disorder to understand that it is a disease and that we must take drugs for the rest of our life.

You may ask « why this difference? I don’t know why. Perhaps because it is a mental illness. One that we cannot really master, for us, for our loved ones. As an outside force that, sometimes, decides for us.

In any case, what I know is that my hair doesn’t bristle if I am told that I am bipolar. It is the diagnosis. I accept it. What is really hard is to accept the consequences. Fatigue, frequent changes, irritability, memory and concentration gone, morning and evening meds…

Yes, it’s tearing apart me. I want to reach some form of recovery. But it is likely that some symptoms will live with me for the rest of my life…

Between the two options to talk about me and my disease, there is a third one I would like to share with you. Well, some say « I am ADHD. » It refers to attention disorders, sometimes coupled with hyperactivity. So why not use the same logic and talk about PSBPD?

I’m PSBPD.
I’m a Person Suffering from BiPolar Disorder.

Isn’t it beautiful?

How about you? What are you saying when you are asked?

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3 thoughts on “Je SUIS bipolaire // I AM bipolar

  1. Bonjour Stéphane,

    Très bel article. J’ai été heureux d’apprendre par ton précédent mail à ce sujet que tu avais décidé d’assumer ton « côté » bipolaire. Je dis « côté » car tu es aussi ça mais tu n’est pas que ça. C’est un énorme pas en avant dans ton processus de rétablissement.

    Car en assumant d’en parler, c’est aussi accepter le fait de devoir faire avec et de ne plus nécessairement lutter contre. Le trouble n’est plus l’ennemi et peut même devenir un allier car il révèle une partie de notre personnalité qu’on ne voulait pas accepter auparavant. Et là, cette partie de nous même a un espace pour s’exprimer et éventuellement s’épanouir alors qu’on la considérait, il y a encore pas si longtemps, comme la partie honteuse de nous même qu’il fallait cacher à tout prix aux autres.
    Tu donnes donc la preuve qu’il est donc possible de sublimer cet état et que ça puisse également être salutaires et source d’espoir pour les personnes qui te lisent.

    Je te remercie pour ce partage et cette touche d’espoir pour tous les membres du Funambule (dont je fais partie 😉). Bonne continuation dans ta démarche littéraire (et oui, littéraire !).

    M’autoriserais-tu d’ailleurs de le partager par exemple sur la page Facebook (250 abonnés) du Funambule et/ou encore via la newsletter (500 inscrits)?
    Si le Funambule pouvait te donner un coup de main pour booster tes publications, ce serait avec plaisir.
    Si tu le désire bien entendu.
    A toi de voir…

    A+

    Steve.

    Provenance : Courrier pour Windows 10

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